Le passage du faucon

Quelques images des faucons de ma région, ces oiseaux de proies parmi les êtres les plus rapides au monde. Faisant partie de la famille des Falconidaes, on en a quatre espèces de manières régulière au Québec, du plus petit au plus grand : la crécerelle d'Amérique, le faucon émerillon, le faucon pèlerin et le faucon gerfaut. Les faucons, c'est une passion pour moi, notamment l'observation du rare faucon gerfaut. Les faucons, c'est un défi constant de réussir à les accrocher au vol avec l'objectif de l'appareil photo, mais aussi d'être prêt au moment où, comme une proie, on les attends le moins !

Vive la zone industrielle !

Une zone industrielle, c'est toujours plein de proies potentielles : pigeons, canards et goélands ! Ce faucon gerfaut m'a échappé très vite sans que je puisse le retrouver. Lors de sa chasse, il va passer à basse altitude entre les bâtiments : il sera aussi surpris que ses proies potentielles lors de leur rencontre, sauf qu'il aura l'avantage de sa vitesse de vol.

Stratégie de chasse

Une des stratégies du faucon pèlerin sera de prendre de l'altitude et de se placer vis-à-vis du soleil par rapport à ces proies potentielles. Il sera ainsi en parfait contrejour. Mais les proies ne sont pas démunies pour autant, et une attaque sur dix ou une sur douze sera victorieuse environ.

Décollage

Il m'est arrivé d'attendre plusieurs heures avant qu'un faucon décolle de son perchoir. Parfois, la température peut descendre en dessous de -20°C, mais il faut garder l'objectif sur l'oiseau si on veut prétendre lui tirer le portrait au décollage ! Plusieurs faucons gerfauts se montrent peu farouches de nature, mais rester dans son véhicule quand c'est possible reste le meilleur des choix. Mais attention par exemple de ne pas viser vers l'avant du véhicule quand il fait très froid : la chaleur du moteur vous empêchera une bonne netteté sur votre sujet. Il faudra aussi ouvrir plusieurs fenêtres pour mettre rapidement l'habitacle du véhicule à une température proche de la température extérieure, et ceci pour les mêmes raisons. Je me rappelle avoir vu cet oiseau au port de Matane, il a été vu le lendemain à Pointe-au-Père, et je le revoyais le surlendemain à Matane : la preuve que ces oiseaux parcourent des distances colossales !

Le gerfaut qui ressemblait à un pèlerin

Ce faucon gerfaut s'est posé devant moi dans les glaces de mer. Il neigeait depuis un petit bout. Il s'est mis à marcher là, fouillant de son bec dans la neige, je me suis vraiment demandé ce qu'il faisait ? Puis, il tira un reste de pigeon qu’il se mis à manger. Je compris que c'était un retour sur une ancienne proie. Fait intéressant : elle ne semblait plus visible mais l'oiseau se rappelait très précisément où elle se trouvait.

Blanc comme neige ?

Ce jeune faucon gerfaut de forme blanche passe au-dessus de plusieurs groupes de canards, dont ce couple de canards colverts. On peut voir par les remous dans l'eau qu'un canard colvert à plongé par peur du faucon, même si ce n'est pas un canard plongeur. La stratégie des canards pour éviter une telle attaque est d'éviter de décoller, car le faucon aura l'avantage en vol.

À l'heure dorée

Un dernier passage rapide avant de fondre sur un canard colvert qui fera son repas dans les glaces de mer.

Attaque iminente

Quelques dixièmes de secondes après la prise de cette image, le canard colvert fut frappé de plein fouet par ce faucon gerfaut et s'écrasa violemment sur la glace. Des ressources répétées du faucon eurent raison du pauvre canard étourdi qui succomba à ces blessures. Le faucon en fit son repas dans les glaces du fleuve Saint-Laurent, au soleil couchant. Il est rare d'observer une attaque réussie car la plupart des tentatives échouent. Mais dans la Nature, la mort est nécessaire pour que la vie existe.

L'exécution du looping

C'est la première fois que j'observais un oiseau exécutant un looping ! Ce jeune faucon pèlerin sorti du nid il y a une semaine, s'exerçait au vol.

Le passage du gerfaut

J'ai pu suivre cet oiseau sur plus d'une vingtaine de kilomètres. Il avançait à une vitesse d'environ 70 kilomètres/heure, à contre vent, en longeant la côte. J'ai remarqué que les faucons gerfauts chassent souvent de cette manière en hiver, le long du fleuve Saint-Laurent, le vent du large qui frappe sur la côte crée une petite ascendance qui le fait glisser sans effort. Il fait ainsi décoller tous les oiseaux qui s'y trouve et si l'un d'entre eu est un peu plus faible, il essaye une course-poursuite.

Faucon pèlerin

Passage au-dessus des flots, le long des falaises gaspésiennes.

Regard vers le photographe

Les faucons pèlerins nichent dans des cavités, qu'elles soient naturelles dans des parois rocheuses, ou même très haut dans des buildings ou des structures de ponts. Ce jeune faucon pèlerin perché sur la falaise volait depuis à peine une semaine. Il prenait les premiers rayons du soleil alors qu'une petite bruine perlait sur son plumage, tout en me regardant avec intérêt à certains moments.

En vol

À peine volant, les jeunes faucons pèlerins passent des heures au repos perchés sur la falaise qui les a vu naître. Mais dés qu'un parent revient avec une proie, l'équipe des fauconneaux arrivent à toute vitesse pour la saisir en vol afin de l'engloutir le plus vite possible dans leur jabot. Ça donne souvent lieu à des batailles entre les jeunes faucons, et les années maigres en proies, seules les plus forts survivent.

Rainbow Warrior

Ce jeune faucon pèlerin est volant depuis une dizaine de jours seulement et s'entraîne à attaquer tout ce qui vole, y compris ces frères et sœurs. Les chutes toutes proches génèrent de la vapeur d'eau créant des arc-en-ciel fréquemment.

L'attaque du faucon gerfaut

J'ai pu observer cette femelle adulte de faucon gerfaut plusieurs hivers de suite. Je la reconnaissais à l'anomalie de coloration de la vexille externe de la cinquième rémige primaire de son aile gauche, qui malgré les mues annuelles, était reconnaissable à chaque année. J'ai vu ce faucon pour la première fois à l'hiver 2011, déjà adulte, et je l'ai observé pour la dernière fois à l'hiver 2017 : cela signifie que cet oiseau avait au moins neuf ans d'âge ! Sur cette image, le faucon a jeté son dévolu sur un pigeon, qui s'en est finalement sorti d'une manière très originale : il s'est jeté à toute vitesse dans le trou d'un silo à grain ! Le faucon lui, n'a jamais osé y entrer.

Repos migratoire

Arrivée précoce du Sud pour se faucon émerillon mâle. Un repos bien mérité sur les dernières glaces qui s'amoncellent sur les plage du fleuve Saint-Laurent.

Passage migratoire

Ce fut au mois de mars que j'ai observé ce faucon pèlerin assez pâle, caractéristique de la sous-espèce tundrius, durant sa migration printanière qui le ramenait dans l'Arctique. J'ai compris qu'il se passait quelque chose quand j'ai vu un vol de mouettes tridactyles qui alarmaient. Ce faucon venait de capturer une d'entre elle, il l'a mangé sur place.

Gerfaut sur glace

Ce faucon gerfaut est une femelle adulte très blanche, coloration typique des îles du Nord-Est de l'Arctique canadien et du Groenland. Cet oiseau est probablement né à plusieurs milliers de kilomètres au Nord de l'endroit où je l'ai photographié. Un exemple parmi tant d'autres chez les oiseaux migrateurs qui fait réaliser à quelle point les frontières sont une invention humaine.

Les athlètes

J'ai fait deux fois quatre heures d'affût devant le groupe de pigeons au centre ville pour espérer revoir ce faucon gerfaut. Ça a fini par payer, il est arrivé à pleine vitesse longeant les bâtiment, arrivant sous le pont où étaient perchés une centaine de pigeons. Malgré que je l'attendais, au bout de plusieurs heures, je fus aussi surpris que les pigeons ! Un pigeon a vite était pris en chasse. À un moment, le poursuivi et le poursuivant sont passé très proches de moi, et j'ai pu entendre leur respiration : des vrais athlètes, luttant l'un et l'autre à leur manière pour leur vie dans cet environnement hostile qu'est l'hiver québecois !

Au repos, sur une plage gaspésienne

Ce faucon gerfaut est une femelle adulte très blanche, coloration typique des îles du Nord-Est de l'Arctique canadien et du Groenland. Cet oiseau est probablement né à plusieurs milliers de kilomètres au Nord de l'endroit où je l'ai photographié. Un exemple parmi tant d'autres chez les oiseaux migrateurs qui fait réaliser à quelle point les frontières sont une invention humaine.

L'heure du repas

Ces quatre jeunes faucons émerillons sont tout juste sortis du nid, et se battent pour avoir accès à un passereau fraîchement ramené par un adulte. Alors que les femelles, de taille plus grosses, se nourrissent, on peu voir un mâle sur la droite de la photo, plus petit, qui attend son tour. Chez tous les oiseaux de proies, les femelles sont plus grosses que les mâles, et cette différence est la plus grande chez les espèces qui mangent principalement des oiseaux (éperviers et faucons en général).

Ombre chinoise

Long repos lors d'une magnifique soirée pour ce faucon émerillon qui veille sur son nid proche de là.

Goéland sur glace

La chasse n'est pas chose facile pour ce jeune faucon gerfaut qui vit son premier hiver. Comme pour beaucoup d'animaux sauvages des latitudes nordiques, passer son premier hiver est un gage de réussite, et plusieurs facteurs en sont la cause, dont le manque d'expérience. Ce faucon gerfaut de forme sombre est revenu pour la troisième fois sur la carcasse du goéland argenté qu'il a tué. Il mangera le plus qu'il peut avant de partir trouver un dortoir.

Joutes aériennes

Les journées des jeunes faucon pèlerins fraîchement volant sont une alternance de grands moments de repos, perchés, et de joutes aériennes pour muscler leurs jeunes ailes et s'entrainer à exécuter des manœuvres aériennes qu'ils devront effectuer pour chasser afin de se nourrir, presque exclusivement d'oiseaux en vol chez cette espèce.

Faucon gerfaut dans les champs

Les faucons gerfauts fréquentent particulièrement les milieux ouverts. C'est un oiseau de l'Arctique, et comme beaucoup d'oiseaux arctiques, il est très marin. Il n'est pas rare de le voir chasser en mer et se poser sur des glaces marines. Cette photo à été prise lors des derniers jours de mars, une époque où ces faucons commencent leur remontée vers le Nord, parfois sur plusieurs milliers de kilomètres.